La France se mure dans le déni 26 ans après le Genocide des Tutsi

La France, encore elle…

Le Senat français s’apprête à accueillir les négationnistes du dernier génocide du 20e siècle. 26 ans après les faits, la responsabilité complice de la France dans le génocide perpétré contre les Tutsi entre Avril et Juin 1994 n’est plus à prouver. Des témoignages des chercheurs, des militaires français, mais surtout des survivants révèlent dans les moindres détails le rôle troublant joué par la France avant et pendant le génocide.

S’il y avait encore doute quant au rôle de la France dans le négationnisme du génocide perpétré contre les Tutsi, cette conférence animée par des négationnistes accueillis dans l’hémicycle du Senat Français en est la preuve ultime.

D’après l’auteur français, Jean François Dupaquier, si la guerre est la continuité de la politique par d’autres moyens, le négationnisme est aussi la continuité du génocide par d’autres moyens.

Chaque jour, les rescapés du génocide vivant en France se sentent meurtris par cette politique cynique qui continue à faire l’omerta sur le rôle du soi-disant pays des droits de l’homme, dans le massacre d’un peuple d’Afrique, un autre..

En ce qui concerne les rwandais, la plus belle revanche qu’ils aient pu trouver contre ceux qui ont tenté de les tuer, est celle de se relever et vivre dignement, ceci en dépit d’une guerre acharnée, menée par la France contre les Inkontanyi, ces jeunes hommes et femmes qui ont défait les forces du mal appuyé par la France et mis fin au génocide.

C’est l’histoire de Caïn, ayant tué son frère à la machette, qui parcourut le monde entier sans jamais trouver où se cacher. Depuis plus d’un quart de siècle, la France prisonnière de sa propre histoire s’enferme dans une fuite en avant, usant de tout son pouvoir pour s’opposer au gouvernement d’union nationale Rwandais dont l’existence même est une dénonciation permanente, implacable!

Aujourd’hui encore elle s’allie à des imposteurs connus dont un certain Charles Onana, une certaine Judy Rever et d’autres, qui vont se rendre au sénat français pour accuser le FPR de tous les maux, pour tenter de réécrire l’histoire.

Leur discours a deux thèmes bien connu :

  • Les Tutsi ont provoqué, donc mérité leur propre mort, donc la France n’y est pour rien.
  • Après le génocide des Tutsi, les mêmes Tutsi ont commis des massacres au Congo voisin, donc ils sont aussi coupables que la France.

Ces thèses négationnistes, récurrentes après les faits dans tous les génocides, ne pourront changer l’histoire. Alors que les autres puissances dont les États Unis, la Belgique et les Nations Unies, ont immédiatement reconnu en des termes explicites leur complicité soit active ou passive avant et pendant le génocide, la France tente toujours d’occulter son rôle, infiniment plus important dans les massacres, notamment en protégeant des génocidaires en fuite, et en se ralliant à des négationnistes avérés. Comme le témoignent les rescapés, il est plus aisé à un génocidaire en fuite d’accéder à la nationalité française, qu’il ne l’est à un Tutsi rescapé de vivre en France.

Alors, sans vouloir partager la tribune avec des négationnistes, comme cela est sans doute la consigne au sein des communautés des rescapés vivant en France, examinons brièvement ces allégations avancées par Onana et Cie. : ‘Les Tutsi ont voulu tuer les Hutu et ceux-ci se sont vengés; ou encore: les Tutsi ont bel et bien tué les Hutu et congolais au Congo.’

Aveuglés par leur racisme, les négationnistes n’ont jamais pu faire la distinction entre le FPR qui reste un mouvement unificateur et le gouvernement génocidaire qui a pratiqué une politique de discrimination et d’oppression systématique des tutsi trente années durant.

Dès le premier jour, le FPR dans sa composition du plus haut commandement au soldat de front n’a jamais été composé d’un seul groupe ethnique. Par ailleurs, le FPR n’a jamais eu de prisonniers de guerre. Confiant dans sa mission de réunification du peuple Rwandais, chaque fois qu’un militaire du camp adverse était capturé par ses troupes, celui-ci était sensibilisé, puis réintégré – avec ses galons – dans les rangs du FPR pour continuer la lutte ensemble. Après le génocide, la plupart des militaires qui ont mené l’expédition contre les bases arrières des génocidaires installées à l’est de la République Démocratique du Congo étaient des militaires du régime défait, recrutés dans les rangs du FPR qui voulaient rapatrier leurs familles prises en otage par des tueurs en fuite.

Cette lecture de l’unification de la société rwandaise ne peut être comprise par des yeux racistes ou imposteurs, mais c’est cela même le socle de la réconciliation et de la survie du peuple rwandais aujourd’hui.

Alors que l’idéologie du génocide s’accroît en toute impunité, notamment au sein la jeune progéniture des génocidaires résident dans les capitales occidentales, que les génocidaires sévissent dans les forêts équatoriale au vu et au su de la communauté internationale, cela est un comble aujourd’hui de faire un amalgame entre les victimes et leurs bourreaux pour se laver de sa propre culpabilité. Un amalgame dont la France détient le record mondial.

 

 

 

 

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